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Production de séries : l’intégration verticale, un débat à suites

Production de séries : l’intégration verticale, un débat à suites

Quelques mois après l’affaire du rachat du groupe de production Newen par TF1, qui a secoué le PAF, les choses ont repris leur cours normal – et France Télévisions, ses relations avec le producteur. La situation générale s’est même sensiblement améliorée.

D’abord, l’affaire a permis à France Télévisions de négocier (enfin) un deal convenable concernant Plus Belle la Vie et de mettre fin au braquage indécent qui durait depuis dix ans.

Plus profondément, France Télévisions (en décembre 2015) et TF1 (en avril 2016) ont passé des accords qui permettront de monter leur production dite dépendante – commandée à des sociétés de production faisant partie du même groupe que le diffuseur – respectivement à 25% et 36%. Une avancée nécessaire, mais qui ne pourra être qu’une première étape.

Car la concurrence mondiale n’en est plus là depuis longtemps.

Aux États-Unis, la patronne du studio NBC-Universal vient d’être remerciée parce qu’elle n’a pas assez développé à l’attention du Network NBC, si bien que celui-ci a du commander ailleurs pour remplir ses grilles de la prochaine rentrée. Une situation récapitulée dans cet article de The Hollywood Reporter :

On constate donc que Fox a acheté 91% de ses séries de la saison prochaine à son studio affilié, CBS 69%, ABC 61%. NBC a quant à elle acheté seulement 50% de ses séries au studio NBC-Universal et c’est ce score deux fois supérieur au maximum légal d’une chaîne française qui a justifié d’agir.

(Au-delà des avantages économiques – pouvoir profiter des ventes en Syndication et à l'international – une des raisons majeures de renforcer l’intégration verticale est désormais la nécessité de s'assurer la présence facile et pérenne des séries sur les services de catch-up des chaînes pour faire face aux changements d'habitude des téléspectateurs et à la baisse des audience live.)

Les chiffres de fictions produites en interne sont similaires pour BBC et ITV en Grande Bretagne, les groupes publics et privés ayant tous les deux le droit d’aller jusqu’à 75% de production dépendante.

Croire qu'on va rester à l'écart de ça et préserver le système français traditionnel – qui, par ailleurs, a fait la preuve de son échec depuis la fin des années 80, sa seule qualité objective étant d'avoir permis à certains de s’enrichir sur le dos de la bête sans prendre aucun risque – c'est lutter contre des moulins à vent.

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