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CSA : Un nouveau président et deux nouveaux membres

CSA : Un nouveau président et deux nouveaux membres

Le mandat de Michel Boyon à la tête du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, et celui de deux conseillers, expirait ce mois de janvier 2013. Le Président de la République a donc procédé à la nomination d’un nouveau Président du CSA, et ceux de l’Assemblée Nationale et du Sénat de deux nouveaux conseillers.

Une réforme du CSA et des procédures de nomination des responsables de l’audiovisuel public est en cours d’élaboration – il avait même été envisagé un temps que le mandat de Michel Boyon soit prolongé le temps qu’elle soit présentée et votée. Une certaine incertitude règne donc sur le temps que ces trois nouveaux ‘‘sages’’, et les six dont le mandat est en cours, passeront au sein de l’institution.

Olivier Schrameck est le nouveau Président du CSA, nommé par François Hollande. C’est un haut fonctionnaire, juriste, énarque, et un profil très politique puisqu’il fut notamment directeur de cabinet de Lionel Jospin lorsqu’il était ministre de l’éducation nationale, puis à nouveau pendant cinq ans à Matignon. On peinera, par contre, à trouver une expérience de l’audiovisuel et des médias dans son CV. ‘‘Avec Olivier Schrameck, le chef de l'État nomme avant tout un juriste reconnu pour piloter une instance dont les dossiers exigent, de plus, de maîtriser le droit européen, le droit constitutionnel, le droit administratif et le droit de la concurrence’’ justifie un conseiller de François Hollande cité par le Point.

Schrameck ressemble fort au reflet dans un miroir de Michel Boyon, qui avait été préalablement directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin, et dont le bilan à la tête de l’institution est pour le moins médiocre.

Les deux nouveaux membres sont les journalistes Memona Hintermann-Affejee, jusqu’ici grand reporter à France 3, et Sylvie Pierre-Brossolette, qui était directrice adjointe de la rédaction du Point.

Sur neuf membres, le CSA compte pas moins de cinq journalistes – les deux nouvelles nommées rejoignent Françoise Laborde (ex-France 2), Christine Kelly (ex-LCI) et Patrice Gélinet (ex-France Inter) – un polytechnicien (Emmanuel Gabla), un politique (l'ancien sénateur Nicolas About, médecin de formation) et une deuxième juriste en plus du nouveau Président (Francine Mariani-Ducray).

On en arrivera à la conclusion évidente que le politique juge que n’importe qui peut réguler l’audiovisuel et que cette tâche ne nécessite guère de compétences spécifiques, et qu’en définitive le seul sujet qui l’intéresse vraiment est celui de l’information, d’où la surreprésentation de journalistes.

Il n’est donc pas étonnant dans ces conditions que la régulation de l’audiovisuel soit si défaillante en France, tant sur le plan créatif qu’industriel : les gros groupes privés, et TF1 en particulier, étant d’autant plus influents que leurs lobbyistes chevronnés prêchent leur cas devant des conseillers qui n’ont pas une connaissance suffisamment fine du secteur pour contre-argumenter.

Un conseil pour les trois nouveaux entrants au CSA : faire de « France Télévisions, off the record », une enquête de Marc Endeweld, leur livre de chevet. Il leur donnera, à partir du cas de la télé publique, de bonnes bases de départ pour comprendre tout ce qu’on raté leurs prédécesseurs.

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