Le Parlement des Rêves

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It's that Potter time of the year (again)

It's that Potter time of the year (again)

It's that Potter time of the year (again)

La tornade médiatique Harry Potter faiblit à peine, avant une nouvelle bourrasque prévue à l’automne pour la sortie de la traduction française du septième et dernier tome de la série.

Submergés que l’on est, dans ces moments là, il est facile de réduire Harry Potter à l’ampleur de la campagne marketing. C’est oublier un peu vite qu’à la base, Harry Potter c’est un petit livre publié par une petite maison d’édition anglaise, et que c’est le bouche à oreille qui a fait son succès. Le rouleau compresseur du marketing n’est intervenu qu’après pour l’amplifier jusqu’à son actuelle inhumaine proportion – comme il le fit en son temps pour X-Files par exemple.

Un mot sur le dernier film pour commencer. A propos de marketing, cette série de films est essentiellement ça. Ce n’est pas nécessairement indigne, cela n’a pas beaucoup d’intérêt non plus. Après deux premiers films désespérants d’ennui et d’absence d’imagination et de fantaisie, le troisième film a remis la franchise sur des rails plus convenables en terme visuels alors même que le script était de loin le plus raté des cinq films existant actuellement. Pas fondamentalement mauvais, le quatrième film manquait cruellement du souffle épique et dramatique qui caractérisait le livre qu’il adaptait. Tout cela pour dire que Harry Potter et l’Ordre du Phoenix est le premier film de la série que j’ai réellement aimé. C’est aussi celui qui, ampleur du livre à adapter oblige, fait le choix d’adaptation le plus radical. Le film tout entier parle du parcours intérieur de Harry, de sa rage initiale quand il se sent isolé de tous à son acceptation finale que ses amis sont ce qui fait sa force et qu’il ne peut pas envisager d’affronter l’avenir sans eux. La fin est un peu appuyée thématiquement (et manque encore une fois de souffle épique, le succès de ce film étant probablement qu’il adapte un volume intimiste et intérieur) mais globalement le film arrive à raconter suffisamment bien cette histoire pour qu’on puisse entrer en empathie avec ces personnages, ce qui est une relative nouveauté. (Et ils ont vraiment touché très juste avec Luna.)

Plus essentiel : la fin de la saga littéraire avec Harry Potter and the Deathly Hallows.
J’ai rejoint assez tard la caravane Harry Potter. Ca devait bien faire un an ou deux que mon entourage bruissait d’incompréhensibles « You know who » et « Avada Kedavra » avant que je n’entame la lecture des bouquins. Et encore, il s’est passé un an entre le moment où j’ai lu le premier tome et le second. Celui-là m’a vraiment accroché. Au troisième, j’étais convaincu du talent d’auteure de JK Rowling. Ce qui voulait dire que la suite aurait forcément à se confronter à cette attente. Seul le sixième volume m’a légèrement déçu – et ce fut encore largement compensé par sa conclusion ahurissante.
Mais le septième tome était forcément celui qui devrait affronter la tâche la plus compliquée. Résoudre l’intrigue, révéler toutes les clefs du mystère, esquisser le futur de Harry, Hermione et Ron. Une mission qu’il accomplit avec beaucoup, beaucoup de classe. Rowling est passée maîtresse dans l’art de concevoir des livres dont l’intrigue puisse être suivie par un public jeune, mais qui proposera aussi la part de complexité et de profondeur qui embarquera les, heu, moins jeunes. Bien sûr, les cyniques et les âmes tristes trouveront à redire à la conclusion. Pas moi, il y a des histoires qui ne peuvent pas se finir (trop) mal et les concessions à la noirceur sont déjà énormes au sein de ce qui est quand même, à la base, un livre qui s’adresse aux enfants. A ce titre, le travail fait sur le personnage de Dumbledore est plus que convaincant.

Je n’en dirait pas plus, même si je suppose que Google doit permettre de trouver en moins de dix secondes des spoilers complets... Harry Potter est un voyage qui vaut la peine d’être entrepris sans raccourcis...