Le Parlement des Rêves

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Les Anges en amérique

Les Anges en amérique

Les Anges en amérique

Souvent, je découvre les nouveautés télés très en avance. (Ainsi, si je ne parle pas de Lost, le succès du moment sur TF1, c'est probablement que j'attends que la saison soit finie et que tout le monde en soit au même niveau que moi pour en dire du mal :p). Mais parfois, aussi, je suis très, très en retard. C'est ainsi que c'est seulement cette semaine que j'ai fini par regarder Angels in America, qui figurait depuis un moment en bonne place sur ma pile de "a voir".

Cette mini-série (deux fois trois heures telle que diffusée par HBO, mais on pourra alternativement la regarder sous forme de 6 chapitres d'une heure à condition de ne pas laisser passer trop de temps entre chaque...) a été adaptée pour HBO par Tony Kushner depuis sa propre pièce et réalisée par Mike Nichols et a été diffusée par Canal + l'automne dernier. Et, si ma mémoire ne me fait pas défaut, France 3 en a également acquis les droits et doit la diffuser d'ici la fin de cette année.

Le casting est impressionant : Al Pacino, Meryl Streep et Emma Thompson pour citer les grand noms. Les autres, Mary-Louise Parker, Michael Gambon et Simon Callow, notamment, ne déméritent pas à coté.

New York, milieu des années 80. L'épidémie de Sida fait rage, et avec elle sa macabre procession de morts. Il y a un couple homo séparé par la maladie : la solitude de celui qui doit maintenant se battre sans personne à ses cotés ; la culpabilité de celui qui est parti et sa spirale souvent destructrice. Il y a deux mariés à la dérive : une femme qui fuit la réalité à coup de valium ; un homme terrifié par la vérité réprimé qui gronde en lui, sa propre homosexualité. Il y a un homme de réseaux et d'influence, ami abject du pouvoir Reaganien, et qui meurt, lui aussi.

Ce dernier personnage, Incarné par Al Pacino et basé sur le réel Roy Cohn, McCarthyste et responsable de la condamnation à mort des époux Rosenberg, est d'ailleurs le centre d'une des nombreuses scènes indispensables de l'oeuvre, dans le pemier chapitre.
Son médecin vient d'établir le diagnostique de Cohn. Mais Cohn refuse de l'entendre. Ou, plutôt, il refuse de le laisser dire. Et d'expliquer au médecin que le Sida est une maladie d'homosexuels. Que les homosexuels sont des marginaux au ban de la société. Que lui-même est un homme important , respectable, respecté, à qui Miss Reagan sourit dans les dîners. Donc il est un hétérosexuel dont il se trouve qu'il a des relations sexuelles avec des hommes. Et qui souffre d'un Cancer. Mais son influence lui permettra de soigner ce 'Cancer' à l'AZT quasi-inaccessible à l'époque...

La lourdeur dramatique du propos est constamment contre-balancée par des scènes décalées au comique sidérant (un humour dans la lignée duquel s'inscrit un peu celui de Six Feet Under). En effet, un certain nombre de personnages, sous l'effets des médicaments, sont sujets à des visions/hallucinations fascinantes.

Et ne vous laissez pas abuser par un sentiment de religiosité du propos: ces scènes sont en effet tout autant des respirations légères que le véhicule du sens véritable donné à l'oeuvre, et il n'est pas ce qu'un aperçu superficiel pourrait initialement donner à croire.

Angels in America est disponible en DVD. Si vous en avez la possibilité, n'hésitez pas.

Les Anges en amérique

LE BLOG DU JOUR : Je suis tombé un peu par hasard sur ce blog qui expose certaines œuvres que je trouve absolument formidables. Donc, je vous en fait profiter parce qu'il est gentil, bibi.