Le Parlement des Rêves

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Les séries de la saison

Les séries de la saison

Je réalise que je n'ai jamais parlé ici de la saison en cours des séries depuis la rentrée dernière. Rapide petit tour d'horizon alors qu'on s'approche de l'escalade vers les season finales.

Nouveautés

L'avant-avant dernière saison (la 2004/2005, quoi) avait été quelque chose d'incroyable. En peu de temps, Veronica Mars, Desperate Housewives, Medium, Boston Legal, Battlestar Galactica, Lost, avaient fait leurs débuts sur nos écrans. Depuis deux saisons, c'est pas vraiment ça. (Pire, plusieurs des glorieuses débutantes citées ont pas mal chancelé.) Peu de séries se détachent, et le temps confirme peu à peu le sentiment de la fin d'un cycle, celui du second âge d'or des séries, et l'amorce d'une phase de reprise de souffle qui va sans doutes associer des séries-sommes (séries additionnant ce qui s'est fait avant, comme Desperate Housewives), et des séries construites autour d'expérimentations formelles plus ou moins creuses (souvent plus que moins, évidemment, je parle là des 24, Lost, Day Break...). Donc voilà, niveau nouveauté, pas grand-chose à se mettre sous la dent.

LA série de la saison est, sans l'ombre d'un doute :

Les séries de la saison

FRIDAY NIGHT LIGHTS

Créée par Peter Berg
Producteur exécutif : Jason Katims
NBC

J'ai mis du temps à commencer à regarder la série (et je n'ai pas encore rattrapé tout mon retard, mais ce sera surement fait d'ici mardi soir). Il faut dire que le pitch de la série, c'est le quotidien et les matchs d'une équipe Junior de Football Américain dans une petite ville du Texas. On peut pas faire plus inintéressant de prime abord. Sauf que la série ne raconte pas du tout ça.

Friday Night Lights, c'est l'histoire d'une petite ville désespérée du Texas, Dillon, où l'argent du pétrole a coulé dans le temps, avant d'aller s'épandre ailleurs, et où il ne reste plus rien qu'une vie de lendemains qui déchantent. Dans cet espace désenchanté, fermé, étroit d'esprit et sans perspective, le championnat de football est devenu le seul exutoire. Pour les jeunes, le seul éventuel passeport vers un ailleurs qui ne peut être que meilleur. Pour les parents, le seul défouloir pour vivre encore un peu, ne serait-ce que par procuration. Dès lors, la vie de toute la ville tourne autour du football, et une pression immense pèse sur les épaules de ces adolescents à chaque match du vendredi soir.
Au delà de son caractère social assez unique (la télé américaine n'est pas nécessairement avare de critique sociale hyper-réaliste, mais elle passe quasi-exclusivement par la fiction à policière ou judiciaire) la série bénéficie en outre d'une écriture exemplaire de justesse et de rigueur. Katims n'est sans doutes pas un débutant, mais il réussit là un coup de maître.

Evidemment, la série ne marche pas très bien à l'audimat (il faut dire que c'est un point de vue assez désespéré sur l'Amérique). Evidemment, les risques sont élevés que la série ne dépasse pas la saison. Si c'est le cas, il ne fait pas le moindre doute qu'un destin similaire à celui d'Angela, 15 ans l'attend.

Taylor Kitsch, un des atouts de Friday Night Lights

Taylor Kitsch, un des atouts de Friday Night Lights

Pour le reste, on note les assez bons débuts de Heroes, série à super-héros construite autour d'une multitude de personnages à la Lost, mais qui s'avère jusqu'à présent bien mieux gérée que celle-ci. Pour autant, on reste au niveau d'une bonne série pop-corn, sans plus, et le moindre de ses problèmes n'est pas que le meilleur des 17 premiers épisodes en est un "spécial" qui ne respecte pas son format habituel. Bref, la série est à son sommet quand elle est autre chose que ce qu'elle est vraiment.

Vous entendrez surement parler de Dexter, série du câble dont je n'ai pour l'instant vu que le premier épisode. Michael C Hall (Six Feet Under) y est génial mais je n'ai pas du tout adhéré à cette provoc' pour la provoc' (le héros est flic le jour, tueur en série la nuit, mais son papa l'a bien éduqué et il ne zigouille plus que des meurtriers que la police ne peut arrêter par exemple faute de preuve).

Studio 60, c'est du Aaron Sorkin (The West Wing), grand auteur un peu pompeux, qui commence bien mais accentue ses défauts au fil de sa saison. Et je n'ai pas encore regardé Brothers & Sisters qui réunit Ally McBeal et Brenda de Six Feet Under (le nom et/ou l'orthographe du nom des actrices m'échappe alors j'abrège en invoquant les personnages passés).

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Revenantes

Oh my God, they killed Veronica Mars !

J'ai mis longtemps à admettre le terrible constat, armé que j'étais d'une foi inébranlable en Rob Thomas. Le showrunner de Veronica Mars n'a pas failli, cela dit, il a vaillamment combattu ses fans stupides (mais heuuuu, c'est trop compliqué-euh!) et un dragon vert nommé CW. Sous les coups venus des deux cotés, il a livré cette année un Veronica Light, intéressant parce que la série partait de très haut, mais qui ne ressemble plus à la série qu'on aimait tant. Je ne suis pas du tout sûr de souhaiter le renouvellement de la série si c'est pour reprendre une ration de ce traitement.

Desperate Housewives partait de très loin, après sa deuxième saison unanimement reconnue comme ratée (même Marc Cherry, le créateur - showrunner, a finit par l'admettre et c'est pas l'humilité qui l'étouffe). Coté pile, la troisième saison est une heureuse surprise, de nouveau drôle, avec un sentiment de cohérence à peu près retrouvé, et un mystère de l'année qui impliquait au moins quelques-uns des principaux personnages et qui tient la route. Bénédiction supplémentaire, la grossesse de Marcia Cross a fournit une excuse pour ne pas tirer sur la corde et résoudre l'affaire pile au bon moment. Coté face, ce retour en grâce se fait sur la base d'un recours parfois éhonté aux recettes d'antan : post-ados muclés torse-nus et intrigues copiés-colés abondant.

Lost ne s'est pas relevée de son propre plantage en deuxième année, et tend à s'imposer comme une série par et pour des schizophrènes. 24 après une cinquième saison déjà pas piquée des hannetons (le Président des Etats-Unis terroriste et sa femme schizo!! Come on!!!) continue de s'imposer comme la meilleure sitcom actuellement en diffusion (sauf qu'évidemment, c'est pas fait exprès, effrayant).

Battlestar Galactica est un cas bien compliqué. La première moitié de la saison était une très, très, franche réussite. Et puis, comme en deuxième saison, gros passage à vide dans la deuxième partie de l'année. Reste à diffuser les trois derniers épisodes, pour le coup, l'heure du bilan viendra après.

How I met your mother s'est montrée un peu inférieure à sa première saison, malgré quelques très bons épisodes (dont le meilleur secret honteux de l'histoire des séries) et reste une série inventive et drôle, ce qui est à peu près tout ce qu'on lui demande. Quant à Smallville... Oups, je viens d'avouer que je regarde encore Smallville. Et bien c'était l'une de ses moins mauvaises première partie de saison, même si ça s'est effondré depuis le mythique épisode de la Justice League avec plein de super-héros post-ados musclés torse-nus dedans. Le truc le plus homo-érotique vu à la télé US depuis la fin de Queer as Folk.

Bref : heureusement que la télé anglaise est là pendant ce temps. Mais ça, j'en parlerai une autre fois.

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