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Mes 10 séries, partie 4/5: The West Wing et My So-Called Life

Mes 10 séries, partie 4/5: The West Wing et My So-Called Life

10 séries. Celles Dont les DVD repassent très régulièrement dans mon lecteur. Celles qui m’ont le plus marqué. Mes 10 séries. Je les aborde par le biais de cinq billets ludiques qui reviendront à chaque fois sur deux d’entre elles. Elles sont listées sans ordre particulier (c’est déjà assez dur de n’en choisir que 10).

The West Wing

Jed Bartlet, ancien Prix Nobel d’économie, Démocrate, est Président des Etats-Unis. Nous suivons son travail et celui de son équipe à la Maison Blanche...

The West Wing, c’est finalement quelque chose d’assez incroyable: avoir passionné, sept années durant, des millions d’américains pour une série politique diffusée sur un grand Network. C’était l’aboutissement d’un long travail de NBC, commencé dans les années 80, pour s’installer comme la chaîne de la Quality TV: elle avait réussi à fidéliser en nombre des CSP+(++) et à transformer l’exigence de qualité en formule très rentable. Le modèle est aujourd’hui devenu celui des chaînes câblées américaines, et reste totalement inconnu en France...

Et puis il y a la série elle-même. Au-delà du talent inouï de son créateur et scénariste des quatre premières saisons, Aaron Sorkin, et au-delà d’une distribution fantastique au service de personnages merveilleusement caractérisés, The West Wing était aussi le mélange absolument parfait de réalisme et d’utopie.
Bartlet est un Président idéal, quasi-irréprochable. Mais sa Présidence et les coulisses du travail à la Maison Blanche étaient montrées avec un souci du détail et de la véracité (similaire à celui imposé par ER / Urgences du même producteur John Wells) qui la rendait totalement crédible.
Commencée à la fin de la Présidence Clinton, la série entra vite dans l’ère du président Républicain George Bush, et se définira alors comme un contre-modèle, une Présidence idéale de fiction opposée à la triste présidence réelle.

Le départ d’Aaron Sorkin fut un coup terrible dont il était peu probable que la série se remette. Mais l’impossible est arrivé, après une longue et pénible période de tâtonnement qui dura presque toute la saison 5.

The West Wing se réinvente une nouvelle formule qui englobe la campagne pour la succession de Bartlet. Le travail mené depuis cinq ans pour étudier la réalité de la politique américaine et la traduire en fiction se révèlera payant: le scénario des deux dernières saisons est prophétique, mettant en scène un candidat Démocrate modelé par les auteurs sur Barack Obama (qui venait de faire un discours impressionnant à la Convention Démocrate), et un candidat Républicain ayant lui-même plus d’un point commun avec John McCain.

Modèle imposant, presque castrateur, à côté duquel d’autres fictions politiques ont du mal à exister, The West Wing ausculte la complexité de son époque avec un talent narratif épatant, qui lui permet de transformer cette complexité en entertainment...

1999 - 2006
NBC / Warner
Créé par Aaron Sorkin
Showrunné par Aaron Sorkin puis John Wells
Avec Martin Sheen, Bradley Whitford, Allison Janney, Richard Schiff…

Mes 10 séries, partie 4/5: The West Wing et My So-Called Life

My So-Called Life

Angela a 15 ans. C’est une jeune fille comme les autres qui fait la crise d’adolescence la plus low-key qu’on puisse imaginer en télévision: elle se teint les cheveux en rouge et renouvelle son cercle d’amis, se mettant à fréquenter la sulfureuse Rayanne et son ami gay. Elle espère se rapprocher du garçon qu’elle dévore discrètement des yeux dès qu’elle en a l’occasion, l’aussi beau que peu loquace Jordan Catalano.

Ah, les années 90! Cette époque bénie où il n’était pas nécessaire d’avoir un high concept tiré par les cheveux – et qui s’épuise inévitablement au bout de deux saisons (au mieux) – pour arriver à l’antenne.

Remarquez, déjà à l’époque, les projets trop peu spectaculaires ou sulfureux avaient du mal à se maintenir, et c’est ainsi qu’il faut se contenter d’une unique saison de 19 épisodes de ce chef d’œuvre de télévision subtile et hyperréaliste dans son traitement des personnages et des situations.
Un réalisme qui n’empêche pas la poésie, voire même le fantastique. My So-Called Life, en tout cas, se permettra cette audace, traitée avec la même délicatesse que le reste. De même que celle qui consiste à accorder aux parents d’Angela la même qualité de traitement qu'aux personnages d’ados majoritaires dans la série: Graham et Patty ne sont pas juste des figures tertiaires dont la participation se limite à faire les gros yeux quand les ados s’éloignent trop du droit chemin. D’une certaine manière, leur mariage préfigure même celui des époux Taylor dans Friday Night Lights.

My So-Called Life pourrait être une série complètement oubliée – ils sont nombreux les chefs d’œuvres à avoir traversé le paysage audiovisuel américain à la vitesse de l’éclair, et dont personne ne se souvient. Mais la série allait connaître une seconde vie inattendue vie des rediffusions sur MTV qui allaient la transformer en classique pour une génération de teenagers.
La série est ainsi devenue une référence à retardement, malgré (grâce à ?) sa fin ouverte, en plus de révéler une Claire Danes ahurissante de justesse dans ce rôle di délicat et difficile.

Winnie Holzman, Marshall Herskovitz, Edward Zwick, et un Jason Katims alors débutant… Les noms derrière My So-Called Life restent attachés, quinze après à cette fiction naturaliste qui refuse les grands effets racoleurs et la facilité: par la suite, ils ont travaillé sur Relativity, Once and Again, Friday Night Lights...

Des séries de qualité, mais aussi autant de séries qui ont le plus grand mal à rester à l’antenne. Les choses n’ont pas vraiment évolué dans le bon sens depuis l’époque d’Angela, et cela résume bien les problèmes de la télé américaine...

1994 – 1995
ABC / ABC Productions
Créé par Winnie Holzman
Showrunné par Marshall Herskovitz et Edward Zwick
Avec Claire Danes, A.J. Langer, Bess Armstrong, Tom Irwin, Jared Leto…

Mes 10 séries, partie 4/5: The West Wing et My So-Called Life