Le Parlement des Rêves

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Vous êtes heureux. Vous êtes heureux. Vous êtes--

Vous êtes heureux. Vous êtes heureux. Vous êtes--

Vous êtes heureux. Vous êtes heureux. Vous êtes--

Quatre millions d'euros.

C'est la somme que notre Etat-dont-les-caisses-sont-vides a investi pour s'offrir la campagne de pub qui tourne sur les télés et journaux (jusqu'à L'Humanité, c'est ce qui s'appelle jeter de l'argent par les fenêtres!) depuis hier. Comme un bonheur ne vient jamais seul, on apprend que d'autres campagnes suivront, sur d'autres thèmes, après cette entrée en matière sur le pouvoir d'achat.

Alors certes, ce n'est pas d'hier que la communication politique a commencer à pencher dans des directions tendancieuses. Mais on dira ce que l'on voudra du bulletin municipal, départemental ou régional qui arrive régulièrement dans la plupart de nos boites aux lettres et qui loue bien souvent la politique de l'émetteur avec un petit peu trop d'emphase, il n'empêche qu'il peut réellement prétendre avoir de réelles vertus informatives. Sans compter qu'il laisse toujours, au moins sous la forme d'une double-page finale sans illustrations (il ne faudrait pas donner envie de la lire non plus) la parole aux groupes d'opposition.

Les 30 secondes du spot gouvernemental donnent dans un tout autre registre, à mi-chemin entre le bourrage de crâne propagandiste et la méthode Coué. C'est comme si, de toute part, on travaillait de concert à un nouveau mode de gouvernance qui se résumerait à "ON VOUS AURA A L'USURE".

Le problème, c'est que cela se voit. Et ce n'est pas ce spot qui semble avoir été conçu il y a vingt ans tant il est pachydermique qui va arranger les choses. Désormais, quand les gens ne sont pas contents, c'est qu'ils n'ont pas compris, quand ils votent "mal", ils doivent recommencer -- ou on doit trouver un autre moyen d'en arriver au même résultat. A ce petit jeu, on ne fera que creuser la fracture entre la politique et la société. Elle n'a pourtant pas besoin de ça.

2007 a été une occasion manquée d'amorcer la réparation de notre système démocratique, dont la lettre trahi aujourd'hui constamment l'esprit. Reste à savoir à partir de quand il sera trop tard...