Le Parlement des Rêves

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Ciné G: Kaboom et Les Amours Imaginaires

Ciné G: Kaboom et Les Amours Imaginaires

Deux films très gay sont sortis dernièrement sur les écrans. D'ailleurs, ils évoquent tous les deux au cours de leurs dialogues l'échelle de Kinsey, qui définit 7 stades différents allant de purement hétérosexuel à purement homosexuel. Retour sur ces deux longs très différents, l'un loud & flashy et l'autre délicieusement rétro-pop.

Ciné G: Kaboom et Les Amours Imaginaires
Ciné G: Kaboom et Les Amours Imaginaires

Le réalisateur Gregg Araki, un des pionners américain du cinéma LGBT, est de retour avec Kaboom qui renvoit à ses films sur la jeunesse des années 90.

Des acteurs très bons (notamment l'assez génial Thomas Dekker) et personnages bien campés et aux relations intéressantes sont le principal atout du film. Malheureusement, Kaboom n'est pas qu'un film de campus et sacrifie ces bonnes caractérisations originelles pour transformer les personnages en caricature au service d'une intrigue plus portnawak tu meurs.

Dès le début, l'intrigue des "kidnappeurs aux masques d'animaux" a plutôt tendance à alourdir le récit, avant de partir ensuite dans un délire second degré dans lequel il n'est pas forcément facile de rentrer. Parfois drôle, mais quand même plutôt lourd.

Ciné G: Kaboom et Les Amours Imaginaires
Ciné G: Kaboom et Les Amours Imaginaires

Xavier Dolan est de retour, et c’est une sacrément bonne nouvelle.

Pas tout à fait aussi fort que J'ai Tué Ma Mère, ce qui serait beaucoup lui demander, Les Amours Imaginaires est surtout complètement différent dans le ton et l'esprit -- si bien d'ailleurs qu'on oublie bien vite le nombre important d'acteurs que les deux films ont en commun. Ici la légèreté prime, tout au contraire de la cruauté volontairement étouffante qui caractérisait le premier long de Dolan. Du coup, l'humour du réalisateur, qui était bien présent auparavant, est particulièrement mis en valeur et on se délecte de cette histoire d'amitié compétitive pour les beaux yeux du very irrésistible Niels Schneider.

Le scénario est très bien construit et fluide, malgré quelques toutes petites longueur et une certaine difficulté à finir -- l'empilement de fausses fins est d'autant plus rageant qu'elles auraient facilement pu être condensées. J'avoue aussi une petite déception devant le fait que les séquences d'interviews qui rythment le film ne soient pas reliées d'une manière ou d'une autre à sa narration à la conclusion. Mais certaines de ces séquences sont suffisamment savoureuses pour passer outre (Ah, la nana à lunette qui raconte ses déboires à attendre que sa boite hotmail signale l’arrivée d’un nouveau message, qu’elle espère être une réponse à sa déclaration...).

La réalisation de Xavier Dolan est toujours inventive et graphiquement réellement réussie, notamment dans les scènes essentiellement visuelles, aux couleurs et à l’image très travaillées. Le style du film est volontairement rétro, mais Dolan trouve la note juste, n’en fait pas trop.

Xavier Dolan confirme que J’ai Tué Ma Mère ne devait rien au hasard, et qu’il est un scénariste-réalisateur à suivre de très près. La pré-prod de son prochain film est lancée, et il s’agit d’un projet ambitieux au budget largement supérieur à ses deux premiers films. J’ai déjà hâte.